Affaire du coup : un « jugement intelligent » qui ne sauve pas la présidence

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L’auteur du coup porté à Emmanuel Macron a été condamné à quatre mois de prison ce jeudi 10 juin à Valence. Un « jugement difficile à critiquer » qui plaît à la France d’en bas et à celle d’en haut, selon Régis de Castelnau. La seule victime endeuillée dans cette affaire semble être le bureau présidentiel, selon l’avocat.

«C’est un fou qui a changé d’humeur. Le geste est répréhensible, mais il ne doit pas être sur-interprété. Il a fait au président ce que beaucoup de Français voudraient lui faire… sachant qu’il ne devrait pas.», résume Régis de Castelnau à notre micro, dans la foulée de la décision prise hier par le tribunal judiciaire de Valence.

Damien Tarel a été immédiatement jugé jeudi 10 juin pour avoir battu le président de la République. Le tribunal correctionnel a condamné le jeune homme de 28 ans à 18 mois de prison, dont quatre conséquents, avec un mandat de libération. Une peine moins sévère que celle demandée par le parquet, qui a requis 18 mois de prison avec interdiction définitive d’exercer des fonctions publiques. L’auteur encourt une peine de prison maximale de trois ans et une amende de 45 000 euros. « Un jugement intelligent« De la part des magistrats qui calme – ou du moins ne réveille pas – l’émotion suscitée dans l’opinion publique par cette affaire et »bloc d’élite», je pense à Régis de Castelnau. Auteur de l’essai justice politique (Ed. The Gunner), ce dernier voit aisément la portée… et les limites de tels cas.

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C’est pour le cri de « Montjoie, Saint-Denis ! A bas la Macronie !» Que Damien Tarel a giflé le président de la République mardi 8 juin lors d’une visite officielle dans la Drôme. Le cri de guerre des armées capétiennes, popularisé par le film Visiteurs, qui a ouvert la voie aux listes noires politiques. la copie de mon combat retrouvés à son domicile, ainsi que les profils qui suivaient la personne sur Facebook (Papacito, Julien Rochedy…) qui a témoigné aux médias que l’intéressé était un membre d’extrême droite. En fait, une augmentation des extrêmes en France.

A l’instar de Monde qui, dans son éditorial du 9 juin, s’inquiétait de « un mauvais vent [qui] souffle sur la démocratieComparer ce coup à l’attaque de Petit-Clamart lorsque l’OAS a tenté de tirer sur le général de Gaulle en 1962.

« Il y a une réponse exagérée du bloc des élites, dit la France d’en haut, et plus particulièrement de la classe politique et médiatique, qui réclament grossièrement la République attaquée. Pour nous faire croire à un attentat horrible », remarque Régis de Castelnau.

«Je suis étonné de ce qu’on entend depuis quelques joursIl continue.

Les circonstances ont probablement tenu compte des trois juges qui ont condamné le jeune homme jeudi. C’est du moins ce que conclut l’avocat pour qui »,au final, cet arrêt n’est guère critiquable de part et d’autre« . Tant par la classe politique que par les médias »,qui a dramatisé l’événement à l’excès», Puisqu’il y a une condamnation. Mais aussi par une partie de « La France d’en bas qu’Emmanuel Macron déteste« Et bien enceinte, selon notre interlocuteur »,que quatre mois de prison, sans doute moins avec les changements de peine à venir, ce n’est pas grand-chose».

Macron, l’arroseur a-t-il arrosé ?

Sans casier judiciaire pour l’instant, vivant d’intérims et de petits boulots, Damien Tarel, pour expliquer son acte, s’est en effet dit porté par un sentiment d’injustice envers les Français. les « dégoûter« Ressenti lors de la marche du président, symbole de »la chute de notre paysIl a demandé aux juges de motiver prétendument l’intéressé, qui s’est dit ouvertement proche des gilets jaunes.

«Je me suis senti concerné par ce que représentent les gilets jaunes, qui ne sont jamais écoutés, et par les gens en généralil a déclaré.

Il est clair pour Régis de Castelnau qu’une partie du peuple français a pu « jubiler ou avoir une mauvaise joieEn assistant à l’événement. Néanmoins, l’avocat dit: « ce dernier sait aussi que même si l’acte n’est pas très grave, il y a quand même une agression du chef de l’Etat qui fragilise la figure présidentielle« . Au cours du procès, le procureur a également demandé que la peine soit « copier » pour « protéger les paramètres».

Le jour de l’apparition, Emmanuel Macron, de Clairefontaine, a accordé une interview exclusive à… CMR et BFMTV dans lequel il est revenu sur l’incident. Le Président de la République a décidé de la loi « stupide et violent« en appelant »perspective« Sans »ne minimisez rien« . Pour Emmanuel Macron, il n’y a pas lieu de surinterpréter un événement, qui ne dit pas « quelque chose de plus profond qu’un acte isolé», Et de lui donner du sens. Une tentative pour éviter les critiques à son égard et que réclame pourtant Régis de Castelnau, qui accuse le chef de l’État de « »le bureau présidentiel rétrogradéEt ainsi ouvert la voie à de telles attaques.

Depuis le début de son mandat, le président de la République a été accusé à plusieurs reprises d’avoir profané la fonction présidentielle. Comme son défi avec les deux YouTubers McFly et Carlito en mai dernier, ou encore l’appel renouvelé de son équipe présidentielle à la jeunesse. Un choix de communication, dans l’idée de cultiver une image accessible du chef de l’Etat, mais en rupture avec la verticalité présidentielle imposée par la Ve République. Un mouvement d’horizontalisation des rapports de force déjà initié par ses prédécesseurs rappelle pourtant Régis de Castelnau pour qui «Sarkozy avait rétrogradé, Hollande relégué, Macron a fait les deux».

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