EM – Dans les coulisses de la lutte pour la “Grande Sécu” – défis

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Laurent Fargues

25 novembre 2021 à 11h05

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Le Haut Conseil d’Avenir de l’Assurance Maladie doit retravailler ce jeudi 25 novembre sur le scénario “Grande Sécurité” qui reprendrait 19 milliards de prestations de soins complémentaires. En coulisses, le ministre de la Santé Olivier Véran milite pour que le projet soit inscrit au programme de la future campagne électorale d’Emmanuel Macron. Mutuelles et associations d’assurances annoncent la mobilisation générale.

Après deux années d’épidémie interminable de Covid-19, la question de la santé va inévitablement faire son chemin dans la campagne présidentielle. En tout cas, le ministre de la Santé Olivier Véran met tout en œuvre pour le mettre à l’agenda politique. En commandant un rapport sur l’hypothèse d’une « Grande Sécu » qui comprendrait les mutuelles et autres assurances complémentaires, il a mis le feu aux poudres. Et a déclenché une rébellion dans le secteur de la santé complémentaire. A sa tête, Eric Chenut, le nouveau président de la Mutuelle française, ne mâche pas ses mots. “La nationalisation de l’associé commandité est une obsession du ministre, lui Célibat. Il avait déjà ce projet en tant que député en 2018.”

L’heure est grave pour le patron des mutuelles. Car si le débat sur la mise en place d’une assurance maladie générale n’est pas nouveau, le scénario n’a jamais été examiné de manière aussi approfondie. Et c’est bien la faute du ministre qui a exhorté les experts du Conseil supérieur de l’Assurance maladie à détailler cela. Le 18 novembre, ils ont publié un chiffre ultra-précis : l’assurance maladie reprendrait 19 milliards d’euros de prestations remboursées par les organismes complémentaires, ce qui entraînerait une baisse de 70 % des ventes ! Une vraie déclaration de guerre. “C’est un secteur avec 100 000 emplois

Apparemment Olivier Véran calme le jeu : “Il n’y a pas de projet rétrospectif du gouvernement, a-t-il assuré aux députés, c’est une réflexion et c’est très sain de penser.” Mais en coulisses, il pousse l’idée à l’Elysée et espère qu’elle fera partie du futur programme de campagne d’Emmanuel Macron. Avec le relais de personnalités dans l’ombre du pouvoir. Comme Nicolas Revel, le bras droit de Jean Castex à Matignon, Thomas Fatôme, le très puissant patron de l’assurance maladie, et Franck von Lennep, directeur de la sécurité sociale. “C’est un vieux caprice technocratique”, explique un co-leader. Le président a déjà manifesté son intérêt pour un mouvement percutant à gauche qui permettrait de jouer la carte “en simultané”.

À la lumière de ces manœuvres, Eric Chenut a publié l’artillerie lourde dans les médias. Et essaie d’unir tous les adversaires. Outre sa puissante association et celles des institutions de retraite et des compagnies d’assurance, qui pèsent lourdement sur le Medef, il peut compter sur le soutien des syndicats. Ils sont très présents dans les fonds d’investissement et les régimes de retraite et s’opposent d’emblée à l’idée d’une « Grande Sécu ». Seule la CGT, qui défend « 100 % Sécu » depuis plusieurs années et veut garder les mutuelles, doit clarifier sa position et mobiliser les syndicats médicaux. Avec un certain succès : Le chef du premier syndicat médical (CSMF), Jean-Paul Ortiz, rejette la « Grande Sécu » comme la plupart des syndicats professionnels. Côté politique, Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle et ancien assureur, a pris position dans Le Journal du dimanche contre une « folie » qui « créerait une médecine à deux vitesses » et « priverait les Français de la liberté de choisir leur réciprocité ». “.

Mais aussi Olivier Véran, ancien neurologue au CHU de Grenoble, bénéficie d’appuis solides. La ” Grande Sécu ” bénéficie du soutien quasi unanime des économistes. Le prix Nobel Jean Tirole a déjà rencontré les deux économistes de la santé de renom Brigitte Dormont et Pierre-Yves Geoffard s’associent pour dénoncer les effets pervers d’un « système mixte » qui fait grimper les dépenses : tarifs, prix des lunettes… En 2017, le directeur de l’hôpital francilien Martin Hirsch et l’économiste Didier Tabuteau pointaient du doigt le gaspillage des hors frais administratifs : 7,6 milliards rien que pour les frais complémentaires.

Et cet été, la Cour des comptes a constaté un “système partiellement injuste” qui profite aux salariés du privé, mais défavorise les fonctionnaires, et en particulier les retraités, car les prix pour les assurances complémentaires comprennent l’augmentation avec l’âge.Autres tenants de la réforme : Jean-Luc Mélenchon, le il le défend depuis 2017, ainsi que le premier syndicat des médecins de famille, MG France, qui réclame depuis plusieurs années une audition à 100 % par la sécurité sociale.

Bref, l’impasse entre le ministre de la Santé de 41 ans et le président de la Mutualité française de 48 ans est loin d’être terminée. En fait, c’est le nouveau round d’un combat qui aura duré tout le quinquennat. En 2020, le gouvernement avait en effet calculé que les remboursements de santé des organismes complémentaires avaient diminué de près de 2,5 milliards d’euros, ce qui nécessitait une peine d’emprisonnement, et a décidé de leur retirer 1,5 milliard, au grand dam des mutuelles, celui de Rattraper les soins attendus.

Emmanuel Macron s’était également fâché début 2019 contre l’augmentation des tarifs des assurances complémentaires dans le cadre de la mise en œuvre de sa promesse de campagne phare de remboursement à 100 % des lunettes et appareils auditifs. “C’est très simple, si vous ne jouez pas le jeu, tout sera public et tout passera par l’assurance maladie”, a-t-il menacé lors d’une réunion à l’Elysée avec les associations que sont des mutuelles (très) noires dans Le Livre ( Albin Michel.)). Peut-être pas un mot en l’air.

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