EM – La violence dans une ville de l’ouest du Cameroun marse la coupe d’Afrique de football

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Bafoussam (Cameroun) (AFP) – Des soldats et des hommes armés ont échangé des tirs dans la ville camerounaise de Buea, faisant plusieurs blessés dans la capitale d’une région touchée par les violences séparatistes et hôte d’équipes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le maire local a déclaré jeudi.

“Les forces de sécurité sont rapidement intervenues et une enquête est en cours pour déterminer qui est responsable”, a déclaré à l’AFP le maire David Mafani Namange, qualifiant les violences de mercredi d'”incidents sporadiques”.

Plus tôt jeudi, un officier supérieur de l’armée a déclaré par téléphone que les combats “se sont produits après que l’équipe malienne ait fini de s’entraîner”, ajoutant : “Cela n’a pas eu d’impact sur la séance d’entraînement”.

Un haut responsable de la Confédération africaine de football (CAF) a minimisé l’incident et pratiquement aucune presse nationale camerounaise n’en a parlé.

“Nous savons qu’il y a eu du tumulte, loin de nos opérations, mais nous ne savons pas du tout exactement ce qui a pu se passer, s’il y a eu une attaque ou non”, a déclaré à l’AFP ce responsable de la CAF, sous couvert d’anonymat.

Les autorités, approchées par l’AFP, ont refusé de confirmer ou d’infirmer officiellement qu’il y avait eu un incident.

Mercredi également, un sénateur de l’opposition a été retrouvé abattu dans la région, selon son parti et un responsable.

Le député Henry Kemende du Front social-démocrate (SDF), l’un des principaux partis d’opposition camerounais, avait reçu plusieurs balles dans la poitrine, selon le vice-président du SDF, Joshua Osih.

Plusieurs dirigeants du SDF ont déjà été ciblés, dont John Fru Ndi, le président du parti, plusieurs fois finaliste aux élections remportées par le président Paul Biya, 88 ans, qui dirige le pays d’une main de fer depuis près de 40 ans.

Biya a été accusé de réprimer la dissidence dans les zones anglophones ainsi que de réprimer durement les opposants politiques.

Décrivant les violences de mercredi, un avocat spécialisé dans les droits humains, Agbor Balla, a déclaré à l’AFP : “Il y a eu de violents échanges de tirs entre les troupes et les séparatistes”.

Balla, qui dirige une ONG appelée Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique, a déclaré qu’une personne “portant des vêtements civils” est décédée lors de l’échange, mais ce bilan n’a pas été immédiatement confirmé par d’autres sources.

Des groupes armés avaient prévenu avant le début de la CAN dimanche dernier qu’ils prévoyaient de perturber le tournoi dans la région troublée.

Les équipes du groupe F — Tunisie, Mali, Mauritanie et Gambie — s’entraînent à Buea et jouent dans la station balnéaire de Limbe.

Buea est la capitale de la région du Sud-Ouest, qui, avec la région adjacente du Nord-Ouest, est secouée par la violence depuis 2017, lorsque des militants anglophones ont déclaré leur indépendance du pays à majorité francophone.

Les séparatistes et les forces gouvernementales ont été accusés d’atrocités dans les combats, qui ont fait plus de 3 000 morts et forcé plus de 700 000 à fuir leurs maisons.

Les groupes armés sont régulièrement accusés d’avoir enlevé, tué ou blessé des civils qu’ils accusent de “collaborer” avec les autorités camerounaises.

Les anglophones représentent près d’un cinquième des 24 millions d’habitants du Cameroun, majoritairement francophones.

L’ancienne possession allemande du Cameroun a été partagée après la Première Guerre mondiale entre la Grande-Bretagne et la France.

En 1961, une partie du territoire britannique, le Southern Cameroons, a rejoint le Cameroun après son indépendance de la France.

Les séparatistes anglophones appellent leur entité la République fédérale d’Ambazonie, depuis la baie d’Ambas sur le littoral. Il n’est pas reconnu internationalement.

La semaine dernière, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) a appelé les deux parties au conflit à “cesser les hostilités pendant la durée de la Coupe… Une telle trêve pourrait être la première étape pour rétablir la confiance et s’orienter vers des pourparlers entre les autorités et les dirigeants séparatistes après des années d’effusion de sang.”

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