EM – Lens – Lille, l’histoire d’un derby en or

0

domicile
/

Ligue 1
/

Lens – Lille, l’histoire d’un derby en or

Un peu plus de 28 kilomètres, voici la distance géographique qui sépare Lille de Lens, mais au-delà de cet ancrage local, le Derby du Nord est né d’une rivalité sociale, celle des pauvres contre les riches, des mineurs de Lensois contre la bourgeoisie lilloise. Comme le derby d’Istanbul entre Galatasaray et Fenerbahçe ou celui entre l’Olympique Lyonnais et Saint-Étienne, ce duel est façonné par une histoire, une rivalité née à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un match au goût particulier que Mastiffs et Sang et Or attendent toujours avec la même impatience. Un événement incontournable où l’enjeu est d’établir le Roi du Nord. Si les résultats toutes compétitions confondues évoluent à l’avantage de Lille pour l’instant (44 victoires pour le LOSC, 34 nuls, 34 victoires lensois), deux équipes joueront ensemble lors de la sixième journée de Ligue 1, les rôles principaux du championnat de France. . Une nouvelle donne pour deux rivaux historiques qui, de leur côté, ont souvent vu leurs affrontements se terminer dramatiquement. Retour sur les dates les plus importantes d’un derby d’or.

Au-delà de la diversité géographique et sociale entre ces deux formations, la rivalité historique entre le Racing Club de Lens et le LOSC qui est désormais connue de tous s’est en fait installée localement. Dans une ambiance électrisante, Lille et Lensois ont croisé le fer à maintes reprises, mais les débuts de cet antagonisme pourraient remonter au 10 mai 1948, troisième succès de cette compétition. Pour ce faire, Lille doit se débarrasser de son rival lensois, présent en finale, une première pour un club de Ligue 2 à Charleville en 1936. Dans un affrontement au grand spectacle, les deux formations réagissent l’une après l’autre. A la 86e minute (2-2) c’est Jean Baratte qui a finalement offert à Lille la victoire finale après un acte en solo au cœur de la défense lentille. Une troisième Coupe de France d’affilée, un record (établi par le Red Star) et déjà un moment de l’histoire qui s’est écrit lors de ce derby.

C’est presque toujours dans une atmosphère volcanique que ces deux formations entrent en collision et la rencontre du 26 avril 1997 n’a pas pu le contredire. Adossé au mur, le LOSC aborde ce derby de la 34e journée avec un maximum de pression. Sauvé à Extremis, Lille n’avait pas le droit à l’erreur face à son ennemi lensois la saison dernière, au risque de retomber en Ligue 2. Les Sang et Or ne s’y trompent pas et saluent les dogues dans un climat totalement néfaste. Avec des cercueils en carton levés vers le ciel par Bollaert, où l’un d’eux est inscrit : “La SPA en deuil, les dogues de Lille en D2”, le Racing ne veut pas éviter de sceller le sort de son rival. 90 minutes plus tard, battu 1 à 0, le LOSC voit son avenir en L1 en ruine…..). Bientôt, il n’y aura plus qu’un seul club dans la région. Lille peut être condamnée à devenir une filiale de Lens ».

Pour leur retour en Ligue 1 après quatre saisons dans l’antichambre, Lille Lens les accueille au stade Grimonprez-Jooris et s’offre un premier choc décisif. Devant eux les Sang et Or, deuxième du championnat et favori, également après l’ouverture du score de Philippe Brunel. Dominés et aux prises avec le collectif lensois bien huilé, les Mastiffs parviennent tout de même à rester dans le coup grâce aux exploits répétés de Grégory Wimbée. Dagui Bakari, opportuniste, a montré un visage plus séduisant dans le deuxième acte et a permis à son peuple de s’équilibrer. Dans une fin de match complètement électrisée et énergique, le prévenu Laurent Peyrelade a crucifié le gardien lensois à la 89e minute et fait exploser le stade et les supporters lillois. Une revanche sur le passé et une victoire (2-1) qui marque le retour des Mastiffs dans l’élite.

Alors si le Northern Derby se caractérise par des retournements de situation, des descentes tragiques en L2 ou des montées réussies en L1, il offre aussi de croquantes anecdotes. Parmi eux, l’histoire de Nicolas Fauvergue a sa place dans l’histoire de ces affrontements. Formé au RC Lens, l’attaquant né à Béthune ne sera pas engagé et finira par arrêter de progresser chez son rival lillois. Destin incroyable, puisqu’il a marqué son premier but professionnel dans un match plus décisif contre Blood and Gold. A la fin de la saison 2004-2005, les deux clubs étaient dos à dos après les performances de Matt Moussilou et Jérôme Leroy, mais lors de sa sixième apparition sous le maillot lillois, Fauvergue a donné la victoire au LOSC (2-1) et a apporté sa famille plus proche de la C1, contrairement aux Lensois qui voient leur avenir s’amenuiser en PMA. En fin de saison, Lille termine deuxième derrière l’ogre lyonnais. Le RC Lens doit se contenter de la septième place. Le nez est total.

Dans cette rivalité historique, force est de constater que le LOSC Lens domine en termes de statistiques. Face à l’ennemi lillois, les Sang et Or n’ont plus connu de victoire en Ligue 1 depuis plus de 15 ans. Pour cela, il faut remonter à la saison 2005-2006, où les deux équipes s’affrontent en fin de saison et se disputent les places européennes. Dans la ferveur absolue de Bollaert, les hommes de Francis Gillot feront le show en cette 36e journée de L1. Grâce aux performances d’Olivier Thomert, Daniel Cousin et Seydou Keita, Lens est revenu au vestiaire par une large marge (3-0), de quoi bousculer les chambres lensois dans les tribunes. Et malgré des buts de Peter Odemwingie et Kader Keita, Pierre-Alain Frau a scellé la victoire de Lensoise (4-2) en fin de match qui s’est caractérisé par deux éliminations. L’ambiance, l’intensité, le spectacle, l’électricité. Cette rencontre du 29 avril 2006 restera à jamais un symbole du Northern Derby.

Dans cette rivalité, la réalité d’un moment ne peut jamais être élevée à la normale. Ce match du 10 mai 2008 en est un parfait exemple. Plus que des échos de l’affrontement du 26 avril 1997 où Lens a scellé le sort de Lille parmi l’élite, c’est la vraie revanche des Dogues. Un choc des extrêmes entre le LOSC, qui vise la cinquième place qualificative en Coupe UEFA, et le Racing Club de Lens à la limite de la zone rouge, uniquement grâce à une meilleure différence de buts avec le PSG. Dans ce match crucial, Yohan Cabaye et Pierre-Alain Frau… ancien buteur des Sang et Or ont condamné le RCL malgré la baisse du score d’Olivier Monterrubio. 18e à l’issue de la rencontre, Lens a finalement été relégué en fin de saison.

De retour sur scène la saison dernière, Lens, sous la direction de Franck Haise, a réalisé un exercice exceptionnel pour son retour dans la ligue majeure après plus de cinq saisons d’absence. Avec une 7e place, les lensois ont impressionné de nombreux observateurs par leur solidité collective et leur intelligence tactique. Face à eux, le Lille de Christophe Galtier était encore plus fort. Les champions de France, devant l’ogre parisien, en fin de saison, ont fait exploser les Dogues avec un réalisme constant et un 4-4-2 d’une solidité terrifiante tout au long de l’année. Et en cette saison 2020-2021, orpheline en raison de la situation sanitaire des téléspectateurs, les chemins des deux rivaux se sont logiquement croisés. Malheureusement pour le RC Lens… Avec un début de saison parfait, Lensois et Lille se sont retrouvés pour prendre la présidence. Humilié par l’armada offensive des Mastiffs (4 :0) à l’aller, le RC Lens n’a pas pu faire mieux lors du match à domicile, a été balayé par un LOSC imparable (0 :3). Alors si les Mastiffs ont rappelé leur suprématie régionale la saison dernière, nul doute que le Northern Derby ce week-end ravivera toutes les passions de ces deux rivaux match après match en une seule rencontre.

Keywords:

Lille OSC,RC Lens,Ligue 1,Jocelyn Gourvennec,Derby du Nord,Lille OSC, RC Lens, Ligue 1, Jocelyn Gourvennec, Derby du Nord,,,,