EM – Législation partielle : campagne électorale pour Boris Johnson

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Les temps sont particulièrement durs pour Boris Johnson et les conservateurs britanniques qui sont en affaires depuis 2019. Face à de nombreuses polémiques, le Premier ministre a décidé, dans le contexte déjà délicat, de la reprise épidémique, notamment au petit matin du 17 décembre. Une élection partielle tenue jeudi dans le North Shropshire a mal tourné pour les conservateurs.

Alors que les résultats définitifs n’étaient connus que tôt vendredi matin, la tendance était connue jeudi. En fin de soirée, les libéraux-démocrates britanniques, le plus grand rival de la majorité conservatrice, ont déclaré s’attendre à une “victoire confortable” et promis un “moment incroyable pour les Lib Dems et un désastre pour Boris Johnson”.

Également conservateur. Le député Edward Timpson a admis que le parti majoritaire avait eu une soirée “très difficile” sur Sky News. Affaibli dans son camp, entouré de scandales, Boris Johnson a donc attendu du jour au lendemain le verdict des élections dans le North Shropshire et s’attendait à une défaite qui pourrait lui coûter bien plus qu’un bastion conservateur.

Et les observateurs britanniques eux-mêmes ne s’y trompent pas. La candidate libérale démocrate, Helen Morgan, s’est imposée dans le scrutin avec près de 6 000 voix d’avance sur la candidate conservatrice et a officialisé la perte de ce bastion historique des conservateurs, comme le montrent les résultats officiels.

La participation dans cette circonscription très rurale d’Angleterre, acquis par les conservateurs pendant des décennies était de 46,3 % (soit 38 110 votants), loin des 62,9 % obtenus aux élections générales de décembre, au cours desquelles le parti de Boris Johnson a triomphé sur la promesse du Brexit. Selon l’étendue, une défaite plongerait Boris Johnson au milieu de l’épidémie dans une dangereuse crise d’autorité – plus de 88 000 nouveaux cas jeudi, un nouveau record pour la deuxième journée consécutive – en raison de la variante Omicron.

Les électeurs étaient appelés à élire le successeur du député Owen Paterson, en poste depuis 1997, qui a dû démissionner en raison d’une affaire de lobbying. Aux dernières élections législatives de 2019, il a obtenu 62,7% des voix et une confortable majorité de près de 23 000 voix. Mais cette fois, le scrutin était tout sauf une simple formalité pour le scandaleux Parti conservateur de Boris Johnson. Boris Johnson était venu au secours de M. Paterson en tentant de modifier les règles disciplinaires du Parlement avant de céder au tollé même dans son propre camp.

Le scandale qui fait partie d’une longue lignée de cas embarrassants – d’allégations de corruption dans son parti aux violations des restrictions sanitaires – a affaibli Boris Johnson. La popularité du leader, longtemps blindée, s’est effondrée et les récents sondages sur les intentions électorales ont soulevé plusieurs points de l’opposition travailliste.En particulier, les récentes révélations sur la tenue de cérémonies à Downing Street fin 2020 arrivent très mal chez les Britanniques, à qui l’on demande réduire au maximum leurs interactions sociales. Par ailleurs, jeudi, les journaux Guardian et The Independent ont révélé une brève apparition de Boris Johnson autour d’un verre à Downing Street le 15 mai 2020 malgré les restrictions sanitaires. Downing Street a évoqué une réunion “avec le secrétaire à la Santé de l’époque et son équipe dans le jardin après une conférence de presse”. une fête de Noël a eu lieu au ministère des Transports. Le secrétaire Grant Shapps n’avait “aucune idée” des festivités, selon son porte-parole cité par le journal, tandis que le ministère s’est excusé et a dénoncé une “erreur de jugement”.

Ces cas s’aggravent à un moment critique pour M. Johnson Grande-Bretagne, selon pour lui, fait face à un raz-de-marée de contaminations par la variante Omicron du coronavirus dans un pays qui a fait près de 147.000 morts. Sa crédibilité s’étant affaiblie, il s’est battu mardi au parlement pour l’acceptation de nouvelles restrictions anti-Covid. Ultime camouflet, il a été confronté à une disgrâce sans précédent pour sa majorité : 99 députés ont voté contre la mise en place d’un laissez-passer sanitaire pour les grands événements, classé comme hostile aux libertés et finalement adopté grâce aux votes de l’opposition travailliste. Seul l’ancien Premier ministre Theresa May avait connu pire à l’échelle du parti depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Premier ministre a reçu “le message très clair que ses collègues ne sont pas satisfaits de la façon dont le gouvernement fonctionne en ce moment”, Le député conservateur Mark Harper a déclaré mercredi à Times Radio, tandis que le parti travailliste a déclaré qu’il était “trop ​​faible pour gouverner”. Le Parti conservateur pourrait organiser un vote de défiance à son égard pour le remplacer à la tête de l’exécutif. Les noms de la ministre des Affaires étrangères Liz Truss et du secrétaire au Trésor Rishi Sunak sont les plus populaires.

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L’électorat britannique est trop spécifique à ce pays.
Inventeur de l’adroit impartialité, pression amicale avant l’élection (voir photo du payeur de pinte dans le pub en face du Poling…), recours le plus éhonté aux clichés nationalistes (voir campagnes en Ulster…), promesses intenables , mais tellement opportuniste (et là BoJo est le champion !), la persistance d’une séparation entre gentry et plèbe entre anglais et autres (d’où deux passeports anglais, l’un réel et l’autre assimilé).
Le web est une immense ouverture pour leur presse régionale et leurs aspirations réelles et profondes (c’est-à-dire sans recours à des photos promotionnelles), et il témoigne de leur particularisme jusque dans leur volonté d’autonomie (Ecosse et même Pays de Galles).
Alors combien de temps ce méta-équilibre anglais peut/doit-il survivre ? Ne vous égarez jamais, car l’histoire ne vous a apporté aucun secours depuis cette Guerre des Roses… Même si BoJo doit au moins atomiser, il est bien connu ! Car… Son successeur est censé être encore plus britannique !

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