EM – Pourquoi le scénario « haute sécurité » est à l’étude

0

Pour certains c’est un épouvantail, pour d’autres c’est une réforme du bon sens. A quelques mois de l’élection présidentielle, le ministre de la Santé Olivier Véran milite pour un changement du système français d’assurance maladie. Cet été, il a fait appel au Haut Conseil d’Avenir de l’Assurance Maladie, organisation composée d’administrateurs, de partenaires sociaux (organisations patronales et syndicales) et de parlementaires, pour approfondir les scénarios de réforme examinés.

Ce travail s’appuie sur sur une observation faite par trop peu est compris. Alors que l’encours moyen de 620 euros est le plus bas des pays de l’OCDE, le système français actuel de remboursement des frais de santé comporte un risque pour les assurés…

Retrouvez la meilleure actualité économique et en avant-première les offres exclusives du Point du Jeudi .

Le travail complémentaire n’est pas aussi facile que vous le décrivez. Nous ne sommes plus à l’époque où la liste des SS était encore très simple : 80 % des soins (hors hospitalisations), 20 % des mutuelles. Aujourd’hui Les nouvelles nomenclatures SS sont beaucoup plus complexes et côté mutualiste, la multitude de contrats et d’options nécessite un traitement individuel des flux informatiques reçus des professionnels de la santé et de la sécurité sociale.
Il est vrai que les mutuelles dépensent aujourd’hui une fortune en publicité pour fidéliser leurs membres et en attirer de nouveaux.
Lors de son introduction, le Code mutualiste organisait la répartition des sociétaires des mutuelles selon leurs origines. Un enseignant devait choisir une mutuelle de l’éducation nationale, un artisan devait choisir une mutuelle TNS, etc… Cette concurrence sévèrement restreinte et limitait la commercialisation.
Afin d’adapter notre législation au droit européen, le Code de la Mutualité a dû intégrer pleinement le principe de concurrence entre toutes les assurances complémentaires au début des années 2000.
Cette mesure a eu 2 conséquences directes :
– une guerre commerciale et une énorme augmentation des coûts de commercialisation ;
– une baisse drastique de la solidarité.
En assurance, les coûts sont essentiellement constitués du risque. Ainsi, un jeune a besoin de beaucoup moins de soins qu’une personne plus âgée ou qu’un petit enfant. Au cours des 6 derniers mois de sa vie, une personne consomme généralement autant que dans le reste de sa vie.
Sous l’ancien code, les tarifs des mutuelles tenaient compte de ces facteurs afin d’offrir à leurs adhérents des tarifs plus souples qui, par exemple, permettaient de réduire l’écart de cotisations entre un salarié individuel et un agent de négociation collective. , entre un jeune ménage avec enfants et un couple isolé, entre un jeune et un vieillard.

Cette grande sécurité équivaut à un écrémage de la « succession » des mutuelles : nous avons payé cet héritage avec de nombreuses cotisations et, contrairement aux retraites, il est de toute façon transitoire, car dès que vous arrêtez de payer des cotisations, vous n’avez plus rien. En revanche, la sécurité sociale n’organise pas non plus le système de santé et les mutuelles.

Les mutuelles ne font presque rien. L’ensemble du travail est réalisé en amont d’abord par le professionnel de santé, qui le codifie ensuite par la sécu, qui vérifie le versement et le transmet à la mutuelle, qui se contente de vérifier si le cotisant est à jour de ses droits ou au contraire rejetant ça. Tout ça avec des frais de gestion plus élevés : mais il faut payer les publicités et le reste… (je ne cite pas certaines personnalités, sinon je serai censuré…).

Lire les articles de la rubrique Economie,
Suivez les informations en temps réel et accédez à nos analyses d’actualités.

FAQPolitique de confidentialitéPolitique de cookiesCrédit d’impôtTutoriel vidéoPublicitéContactPlan du siteMentions légalesCGUCGV Charte de modérationArchive

Créez un compte pour accéder à la version numérique du magazine et à tout le contenu Point inclus dans votre annonce.

Pour cela, saisissez votre numéro d’abonné dans les paramètres de création de compte.

Keywords:

Social security in France,Olivier Véran,Insurance,Social security in France, Olivier Véran, Insurance,,,,Grande sécu-Assurance maladie-Olivier Véran-ministère de la Santé,,Grande sécu-Cnam-ministère de la Santé,