EM – Présidentielle : L’euthanasie, débat de société grandissant

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Liberté de choix ou régression éthique avec dérive ? Sensible, clivant, complexe, le débat sur l’euthanasie n’est pas nouveau mais marquera sans doute plus que jamais la campagne présidentielle.

« Après le mariage pour tous puis la PMA, ce sera cette fois le grand enjeu de société », a déclaré Jean-Luc Romero-Michel de l’association pro-euthanasie ADMD a déclaré à l’AFP.

“S’il y a un débat de société, c’est bien celui-là”, renchérit Erwan Le Morhedec. Cet avocat et blogueur catholique vient de publier un plaidoyer anti-euthanasie intitulé “Fin de vie en République” (éd. du Cerf).

Parmi les candidats déclarés il semblerait qu’Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV ) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) bien décidés à changer la loi qui interdit l’euthanasie et le suicide assisté.

En avril 2021, même l’Assemblée nationale avait déjà débattu d’une proposition de loi du député Olivier Falorni.

Son l’examen a échoué en raison de 3 000 amendements frustrants, mais 240 députés avaient approuvé le principe de “l’euthanasie médicale active”.

Ce serait un changement par rapport à la loi actuelle de 2016. Claeys-Leonetti a qualifié celle-ci de permettre une “euthanasie profonde et continue sédation jusqu’à la mort” pour les malades en phase terminale dont le pronostic vital est fixé à “court terme”.

“Cette loi a des limites terribles”, se plaignent Jean-Luc Romero-Michel et ziti ert “Maladie de Charcot (maladie neurodégénérative incurable, éd. NDLR), dont les gens meurent pendant des mois”.

Il cite aussi l’exemple d’Alain Cocq. Ce Dijonnais, atteint d’une maladie incurable très douloureuse mais non mortelle, échappe au champ d’application de la loi. Il est mort par suicide assisté en Suisse en juin dernier.

“Les gens ne comprennent pas qu’il leur est interdit d’éteindre les lumières”, assure M. Romero-Michel, souhaitant que la France, comme la Belgique, autorise l’euthanasie.

“Pas qu’ils l’utiliseront forcément : ce sera une minorité, environ 3% si on prend les chiffres belges. Mais ils veulent avoir le choix », souligne-t-il, s’appuyant sur plusieurs enquêtes.

Une logique que rejette M. Le Morhedec : « Je comprends que quelqu’un qui sait que sa maladie va dégénérer puisse vouloir être abattu plus tôt.

Selon lui, les cas exceptionnels mis en avant par les pro-euthanasie ébranlent “notre capacité à réfléchir” : “On réagit avec l’instinct. C’est compréhensible, mais on ne fait pas les lois avec l’instinct”.

En Belgique, « l’euthanasie touche 87,3 % des personnes de plus de 60 ans et 67,4 % des personnes de plus de 70 ans. La réalité de l’euthanasie, c’est qu’elle est destinée aux personnes âgées », craint l’avocat.

Il évalue les dérives inévitables : le manque de contrôle , pression sur la logique budgétaire la plus ancienne, où un décès permettrait des économies…

Pour M. Romero-Michel, l’opposition à l’euthanasie est “souvent religieuse”. “Tout non-catholique peut comprendre mes arguments”, objecte M. Le Morhedec.

Et les surveillants ? Ceux qui sont en première ligne travaillent dans les soins palliatifs, des services réservés aux malades en phase terminale qui manquent de ressources.

En septembre, le gouvernement a dévoilé un plan de 171 millions d’euros, dont 59 millions de nouvelles mesures. Une somme jugée largement insuffisante.

“Quand on entend certaines craintes valables en fin de vie, on est choqué car la plupart du temps on peut y répondre”, explique le Dr. Claire Fourcade, présidente de la Sfap (société française spécialisée dans l’accompagnement et les soins palliatifs) a déclaré à l’AFP. .

Elle regrette que le débat public “mélange deux situations” : celle des “gens qui vont mourir”, qui est une question de médecine, et celle des “gens qui veulent mourir sans forcément avoir à la fin de leur vie », ce qui nécessite « un débat de la société au sens large ».

Après « l’électrochoc » de la loi Falorni, la Sfap a organisé une consultation auprès de 2 000 acteurs des soins palliatifs.

Les deux tiers s’opposent à la légalisation ‘euthanasie active’, un tiers envisageant de l’arrêter.

Si la loi devait changer malgré tout, seuls 4 % pensent qu’il est nécessaire d’opter pour l’euthanasie, qui, par opposition au suicide assisté, est le médecin qui administre l’injection létale.

“Nous devrions nous demander pourquoi ils ne veulent pas être impliqués dans l’euthanasie”, note le Dr. Fourcade. “Ce ne sont pas tous des catholiques intégristes, ça se saurait”.

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