Colombie: la guérilla de l’ELN menace de paralyser le pays pendant trois jours

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En Colombie, la force publique est en état d’alerte car la guérilla de l’armée de libération nationale (ELN) a promis de de paralyser le pays pendant trois jours à compter de ce vendredi. Née dans les années 60, d’inspiration cubaine, l’ELN est devenue la plus grande guérilla du pays, depuis que les FARC ont signé la paix en 2016. L’ELN compterait aujourd’hui entre 2 500 et 5 000 hommes en armes.

« Communiqué à l’opinion publique : l’armée de libération nationale ELN salue le peuple colombien et informe qu’un couvre-feu armé est décrété pour 72 heures sur l’ensemble du territoire national », a déclaré dans une vidéo un membre de la guérilla, rapporte notre correspondante à Bogota,Marie-Ève Detoeuf.

L’homme qui parle est en treillis militaire, armé et masqué, dans la forêt. Mais, c’est une première, la vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux. Dans le Catatumbo, la région frontalière avec le Venezuela à l’est ou dans le Cauca au sud-ouest, les gens étaient terrés chez eux et les routes désertes, dès jeudi soir.

Dans les villes, les gens s’interrogent sur l’impact que peut avoir l’action des guérilleros. « Je crois que l’impact va être très local dans les régions et les villages où ils sont implantés. Bogota est une ville de près de 10 millions d’habitants, il en faut plus pour la toucher. Mais je connais des gens qui ont très peur et qui sont allés faire des provisions », raconte à RFI Maria Teresa, une femme de 52 ans, qui vit à Bogota.

Une implantation régionale de l’ELN

Jamais les actions de l’ELN n’ont eu une portée nationale. L’ELN, qui compte environ 2.300 combattants, opère sur environ 10% des communes du territoire colombien, selon les chiffres officiels et des organismes indépendants. Mais un rapport de la Fondation Paix et Réconciliation souligne que sa présence s’est notamment renforcée dans les départements qui touchent la frontière vénézuélienne.

 

La sécurité a néanmoins été renforcée dans la capitale, notamment autour du siège des institutions, de l’administration, de la police et de l’armée. Personne n’a oublié le dernier attentat de cette guérilla qui, en janvier 2019, avait tué 22 policiers dans la capitale. L’armée et la police sont sur les dents.

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