Coronavirus : Tout savoir sur l’inquiétude des médecins au sujet de l’accélération de l’épidémie

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Faut-il s’alarmer de la hausse du nombre de cas de Covid-19 ? Les médecins que nous avons interrogés se refusent à tout catastrophisme mais appellent à une prise de conscience.

Quand le patron de l’infectiologie est parti en vacances, il restait un patient de Covid-19 en réanimation à l’hôpital Tenon, à Paris. Trois semaines, plus tard, le Pr Gilles Pialoux découvre, avec surprise, qu’ils sont désormais dix. Cette fois-ci, tous les lits sont pleins. En plus des malades, des soignants, eux, ont ramené le virus de leurs vacances. « Il faut se bagarrer pour que tout le monde porte son masque, même à l’hôpital, cherchez l’erreur », lance le médecin, en colère.

Seconde vague? Peu importe le terme choisi, dit-il, « les mots, je m’en fiche, ce que je peux dire, c’est qu’il y a une réelle résurgence de l’épidémie, presque tous les indicateurs le montrent, voilà! ». Pour la première fois depuis le déconfinement qui a débuté le 11 mai, la Direction générale de la santé évoque « une circulation soutenue » du virus et, là encore, le vocabulaire n’est pas choisi au hasard.

Coronavirus : des médecins s’inquiètent de l’accélération de l’épidémie

Désormais, en France, le taux d’incidence hebdomadaire national a dépassé le seuil de vigilance, avec plus de 10 personnes contaminées pour 100 000 habitants, une hausse de 78 % en trois semaines. En Mayenne, il explose à 143 pour 100 000. Le taux de positifs progresse comme celui des clusters : 678 ont été identifiés depuis le 9 mai et 20 de plus entre jeudi et vendredi.

Coronavirus : des médecins s’inquiètent de l’accélération de l’épidémie

« Eviter de tomber dans une spirale délétère »

« On observe des indicateurs inquiétants dans certains quartiers de la métropole lilloise », prévient le Dr Patrick Goldstein, tout en précisant qu’il n’y a pas de hausse des admissions en réanimation. Mais, attention, dit le chef des urgences du CHU de Lille (Nord), il va falloir « d’urgence casser cette dynamique », surtout chez les jeunes, population la plus touchée, de peur qu’ils ne transmettent le virus aux personnes les plus à risque. « Les masques obligatoires dans l’espace public sont une très bonne chose pour éviter de tomber dans une spirale délétère ».

A-t-on raté quelque chose, s’interroge Gilles Pialoux. La vague épidémique a-t-elle été trop abstraite pour une majorité de Français? « Les pugilats sur les plateaux télé, l’imbroglio sur la chloroquine, les discours déstabilisants sur les masques ont créé de la défiance et même un climat négationniste, 40 % des Français ne veulent pas du vaccin » (NDLR : 32 % selon un récent sondage) », dit-il. Lui n’a pas oublié cette première vague − « on avait l’eau jusqu’aux yeux » −, les 30 000 morts, « le drame de milliers de familles ». Pourvu qu’on prenne cette nouvelle menace au sérieux, espère-t-il : « Aujourd’hui, je me bats pour qu’on arrête de dire que l’on fait du catastrophisme ».

source: https://www.leparisien.fr/societe/sante/coronavirus-des-medecins-s-inquietent-de-l-acceleration-de-l-epidemie-01-08-2020-8362245.php

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