Covid-19 : Pour éviter une troisième vague faut il maintenir Noël et sacrifier le réveillon du Nouvel An? Voici quelque réponses

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Il sera possible de circuler le soir du 24 décembre, mais le couvre-feu restera le 31 décembre. Un réveillon du Nouvel An en mode minimal, conçu pour éviter une explosion de nouveaux cas de Covid-19.

Célébrez le réveillon de Noël, mais pas le réveillon du nouvel an. C’est l’une des actions clés annoncées jeudi 10 décembre par le Premier ministre Jean Castex lors d’une conférence de presse sur l’épidémie de Covid-19. Le couvre-feu de 20h à 6h, qui entre en vigueur mardi, sera exceptionnellement levé le 24 décembre, mais le restera le 31 décembre. Jean Castex a déclaré qu ‘ »il sera possible d’inviter des gens chez vous ». le réveillon du Nouvel An sur recommandation d’un maximum de six personnes à table et à condition que ces personnes respectent le couvre-feu. « Mais l’objectif est de limiter les déplacements, donc nous faisons une exception pour le 24 décembre, mais pas le 31 décembre », a déclaré le Premier ministre.

Ce choix s’explique par le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19. Il stagne depuis environ deux semaines: vendredi, 13 406 cas positifs ont été enregistrés en France. «Nous sommes sur une sorte de plateau», a déclaré Jean Castex. L’objectif est de «profiter des vacances de fin d’année» mais de «réduire le risque d’une troisième peine dans les mois à venir».

« Un acte d’équilibre »

«Nous sommes sur un plateau», a confirmé vendredi matin le médecin de santé publique et épidémiologiste Martin Blachier sur la chaîne Franceinfo (chaîne 27). « Le fait que les petites entreprises aient rouvert et le fait qu’un certain nombre de personnes soient susceptibles d’être retournées au travail, aggravé par cette première phase de déconfiguration, signifie que nous n’en avons pas aujourd’hui. » Marge de manœuvre, on ne peut plus bouger. Nous essayons donc de le ramener avec ce couvre-feu – nous savons que cela fonctionne – pour se libérer un peu et pouvoir profiter d’autres domaines dans deux à trois semaines. C’est vraiment un exercice d’équilibre », a-t-il ajouté.

L’épidémiologiste Dominique Costagliola, membre de l’Académie des sciences et directeur de recherche à l’Inserm, craint « un long plateau ». Plusieurs indicateurs illustrent cette tendance, dont l’évolution du taux de reproduction du Covid-19 en France, le fameux R. Il s’agit du nombre moyen de nouveaux cas causés par une personne infectée dans une population sans immunité. Plusieurs indicateurs sont pris en compte: tests positifs, séjours hospitaliers ou hospitalisations d’urgence.

Alors que le R était en baisse depuis un mois, il était de 0,83 le 5 décembre, soit un taux similaire à celui de la mi-novembre, selon les statistiques du ministère de la Santé. « Il augmente et approche 1, rapporte franceinfo Dominique Costagliola. Nous sommes sur le point d’exploser à nouveau. » Parce que le but est de le maintenir un peu en dessous de 1 en attendant le début d’une campagne de vaccination.

« Sacrifiez Noël, politiquement impossible »

Ces mauvais chiffres sont-ils liés aux réouvertures d’entreprises et aux déplacements plus fréquents? Dominique Costagliola n’est pas aussi catégorique que son collègue Martin Blachier. «Le froid et l’humidité» peuvent également jouer un rôle. Il n’y a qu’une seule raison qui ne peut expliquer pourquoi environ 10 000 nouveaux cas ont été enregistrés chaque jour pendant deux semaines: il y a davantage une «combinaison» de facteurs, souligne Dominique Costagliola.

Cependant, sur un point, les scientifiques sont d’accord: des mesures doivent être prises pour éviter une troisième vague d’épidémie. Un acte d’accusation qui revient à l’exécutif. « Il n’aurait pas été politiquement possible de sacrifier Noël: le peuple ne l’aurait pas respecté. Cela dépend moins de la mesure que de la manière dont il est respecté », souligne l’épidémiologiste.

Dans cette course pour éviter une troisième vague, le comportement des citoyens est crucial. Mais ce n’est pas seulement réglementé par des mesures gouvernementales.

«LES ÉCOLES SONT FERMÉES PENDANT 15 JOURS, CELA JOUE UN RÔLE FAVORABLE, ON A ÉTÉ VU PENDANT LES VACANCES TOUSSAINT.

Dominique Costagliola

EN FRANCE

Cependant, elle craint que l’épidémie ne reprenne en France après Noël, tout comme le Canada « peut-être même » l’a vu vingt jours après Thanksgiving lorsque Le Figaro l’a déchiffrée. « C’est plus difficile de comparer avec les Etats-Unis », souligne Dominique Costagliola.

Deux soirées, deux ambiances

Martin Blachier, pour sa part, voit la situation un peu différemment. « Je pense que nous avons largement surestimé l’impact des fêtes de fin d’année. Contrairement à ce qu’on dit, Thanksgiving n’a pas explosé quand on regarde les courbes: c’est exactement la troisième fois au milieu de l’année, il analyse.

«Le comportement des Français peut désormais changer sans contrainte, ce que suggère à son tour Franceinfo Jean-Stéphane Dhersin, mathématicien spécialisé dans la modélisation épidémique. Si c’est le cas, nous le verrons dans dix jours.

Sauver Noël au détriment de la nouvelle année est également dû à la particularité de chaque fête: si la première est plus célébrée en famille, ce qui se passe cette année en petit groupe, la seconde est plus enthousiaste à l’idée de se faire des amis comme «nous n’avons pas vu depuis longtemps. «Dans ce cas, il est propice à l’explosion de l’épidémie», note Jean-Stéphane Dhersin, responsable de la plateforme de coordination de la modélisation Covid-19.

Le respect originel de la «règle de six»
« Les rassemblements festifs de jeunes ce soir-là en grand nombre menacent vraiment de relancer le virus. Il y a une vraie logique à être très solide », a déclaré le professeur Jean-Daniel Lelièvre, responsable du service au Parisien. Maladies infectieuses au CHU Henri-Mondor (AP-HP, Créteil). Cette différence est mise en évidence par le gouvernement: jeudi soir, Jean Castex a déclaré que la Saint-Sylvestre du 31 décembre « concentre tous les ingrédients pour une recrudescence de l’épidémie », tandis que « Noël a une place particulière dans nos vies et nos traditions ».

En plus de ces constats, pour Jean-Stéphane Dhersin comme pour Dominique Costagliola il est important de respecter la règle des six convives. «Personne ne viendra vérifier si vous avez sept ans. Mais c’est une incitation à ne pas préparer de repas à 15 personnes», commente l’épidémiologiste. Selon elle, «c’est l’une des rares choses qui peuvent encore être jouées» pour aider à réduire l’épidémie. À ses yeux, le deuxième levier est l’isolement des personnes dont le test est positif au Covid-19. Sur ce point, la trace d’un dispositif qui le rend « obligatoire » ne fait « aucun consensus », a déclaré jeudi le Premier ministre que l’accent serait mis sur « l’accompagnement accru ».

« L’objectif est que toute personne diagnostiquée positive au virus se voit proposer une visite par une équipe multiprofessionnelle », y compris une infirmière qui pourra « effectuer des tests d’antigènes sur les proches participant au même domicile », à donner «des conseils sur les conditions d’isolement» ou «un accompagnement» «lorsque la personne est incapable, lorsqu’elle vit seule, lorsqu’elle ne peut pas assister aux cours», a détaillé Jean Castex.

« Maintenir le moral des Français »
Dominique Costagliola espère que ce dispositif « s’améliorera » dans ce domaine. « Jusqu’à présent, nous avons mal joué. Il faut être capable de parler aux personnes infectées, pas seulement de leur envoyer des SMS, souligne-t-elle. Cela coûte de l’argent, mais c’est efficace. » En particulier, pour éviter une troisième vague d’épidémies.

« Le Président de la République doit déplacer le curseur avec une telle délicatesse pour limiter le contrôle de l’épidémie ainsi que la transmission du virus et des cas contaminés. Il a le choix des curseurs qu’il déplacera, mais il doit surveiller l’activité économique du pays. et maintenir le moral des Français », explique Jean-Stéphane Dhersin.

D’où la décision de fêter Noël et de sacrifier la nouvelle année. «Nous ne savons pas si cela limitera la pause de janvier: nous le saurons d’ici le 15», rappelle le directeur scientifique adjoint de l’Institut national de mathématiques. Qui ajoute cette recommandation: « Il n’y aura pas de troisième vague si les gens font attention. Parce que les gestes de barrière fonctionnent mieux qu’on ne le pensait. »

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