Dons de vaccins anti-Covid aux pays les plus pauvres : une vague de générosité béate

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L’engagement des pays du G7 à distribuer un milliard de doses de vaccin anti-Covid aux pays les plus pauvres via le système Covax pourrait cacher d’autres motivations que la solidarité internationale.

Une générosité savamment calculée ? Les nations du G7, réunies en Angleterre à partir du vendredi 11 juin, s’engageront à distribuer un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays pauvres. Les États-Unis, qui ont été critiqués pour leur lenteur à partager leurs vaccins avec le reste du monde, en livreront la moitié, avec 200 millions de vaccins Pfizer/BioNTech d’ici la fin de l’année et 300 millions au premier semestre 2021. En France, il prévoit de livrer 30 millions de doses d’ici la fin de l’année.

92 pays devraient bénéficier de ces doses délivrées via le dispositif Covax. « Notre devoir humanitaire est de sauver le plus de vies possible », a martelé le président américain Joe Biden. « C’est aussi dans l’intérêt des Américains. «  Cet élan de générosité n’est en effet pas totalement indifférent.

Éviter les nouvelles variantes

Les pays du G7 en bénéficieront d’abord en matière de santé. Car les différences de vaccination entre les différentes régions du monde ralentissent l’immunité collective mondiale. «  Si nous laissons les infections éclater dans des pays sans accès aux vaccins, nous sommes exposés à des variantes qui rendraient les vaccins moins efficaces. C’est pourquoi le manque de vaccination dans les pays pauvres met en danger les populations des pays déjà vaccinés., explique Bruno Lina, virologue et membre du conseil scientifique, à « l’Obs ». Les pays du G7 ont donc tout intérêt à empêcher une nouvelle variante Gamma (appelée « brésilienne ») ou Delta (appelée « indienne ») d’arriver en Europe ou aux États-Unis.

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Par ailleurs, aider les pays les plus pauvres à sortir de la crise est un moyen de relancer les échanges économiques, en recul depuis le début de la crise sanitaire. « Nous vivons dans une mondialisation. Si une pandémie se poursuit en Inde ou en Amérique du Sud, par exemple, elle perturbera encore grandement le commerce mondial. », analyse pour le « Parisien » Patrick Berche, membre de l’Académie de médecine.

Des adolescents pour les plus pauvres

Il y a aussi une question d’éthique et une question d’opinion publique. Après les États-Unis, l’Europe commence déjà à vacciner ses jeunes. Cependant, le 14 mai, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a appelé au report de cette nouvelle phase afin de promouvoir la solidarité internationale. « Je comprends pourquoi certains pays veulent vacciner leurs enfants et adolescents, mais je vous demande de penser à abandonner et à donner les vaccins à Covax à la place »il avait lancé.

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Lorsque des adolescents français, peu susceptibles de développer des formes sévères de Covid-19, ont droit à leur injection de Pfizer-BioNTech, il est difficile d’accepter que les populations les plus âgées, et donc les plus à risque dans les pays pauvres, ne le fassent pas. tous ont accès à la vaccination.

Effacer les actions AstraZeneca

Mais, comme le souligne Mediapart, ce geste de solidarité permet aussi à la France de liquider ses stocks d’AstraZeneca. Le vaccin anglo-suédois représente déjà la grande majorité des doses distribuées via le dispositif Covax à ce jour.  » 94% des vaccins Exactement, selon la Vaccine Alliance (Gavi), interrogée par le site de recherche.

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En France, le vaccin, réservé par les autorités aux personnes de plus de 55 ans, n’a pas la cote en raison des rares cas de thrombose qui surviennent après une injection. Résultat, AstraZeneca ne représente que 0,3 % des premières injections quotidiennes et près de 2 millions de doses s’accumulent dans les réfrigérateurs français. Une opportunité de les offrir gratuitement au continent africain. Même si le continent est  » le plus jeune du monde, 70 % de la population a moins de 25 ans », comme le notait Emmanuel Macron le 10 juin.

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