Du tweet de Mélenchon aux forfaits de Quatennens et Bayou, retour sur six jours de polémique pour Nupes

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Dernière polémique sur l’affaire Quatennens qui secoue La France insoumise (LFI) depuis plus d’une semaine ? Il est daté du vendredi 23 septembre au matin, suite aux propos du député “Insoumis” Manuel Bompard qui a assuré sur CNews que“un coup n’est pas égal à un homme qui bat sa femme tous les jours”. Autre réaction pour le moins maladroite, que le député a tenté de s’expliquer sur Twitter ce vendredi après-midi (sans excuses).

Symbole d’une honte profonde à LFI, le commentaire du député à Marseille n’est que le dernier d’une longue semaine de polémique autour de la gestion interne des violences sexistes et sexuelles touchant tous les partis politiques. Lundi 19 septembre, c’était au tour du secrétaire national d’Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) Julien Bayou d’être mis en cause, cette fois pour violences psychologiques sur une ancienne compagne. “L’Obs” revient sur ces six longues journées de turbulences à gauche.

  • Dimanche 18 septembre : Adrien Quatennens lâche la direction de LFI, Jean-Luc Mélenchon salue “son courage”

Quatre jours après l’inauguration par « le canard enchaîné » avec une rambarde posée par sa femme, Adrien Quatennens annonce qu’il lâche la direction de La France insoumise. “Aujourd’hui, des questions se sont posées sur la nature des infractions dont je pourrais être accusé. Je ne veux pas mettre cette pression sur le mouvement que je représente.” écrit le député du Nord dans un communiqué.

Dans cette lettre de deux pages, le coordinateur du LFI donne plusieurs ” des disputes “ avec sa compagne qui aurait annoncé leur séparation à la fin de l’été. Il avoue notamment avoir battu sa femme, “dans un contexte d’extrême tension et d’agressivité mutuelle”.

Le grand embarras de La France insoumisée sur l’affaire Adrien Quatennens

Pour Jean-Luc Mélenchon, qui a toujours vu un possible successeur en Adrien Quatennens, la polémique n’a que trop duré. Il déteste “colère policière” et “voyeurisme médiatique” et apporte son soutien… au député en question : « Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection », il tweete.

Des propos qui irritent les militantes féministes et les politiques qui dénoncent la déconnexion totale de la dirigeante « insoumise ». Face à ces réactions, Jean-Luc Mélenchon a pris du recul (un peu) en précisant dans un autre tweet que“Un coup est de toute façon inacceptable”. « Adrien l’accepte. C’est bien “il décide.

  • Lundi 19 septembre : enquête confirmée après la main courante, Julien Bayou concentré à son tour

En début de semaine, la justice ajoute sa pierre à l’affaire : le parquet de Lille confirme avoir ouvert une enquête dans le cadre de son “des politiques de justice pénale proactives pour faire face à la violence domestique”.

Affaire Quatennens : “Le point de vue de certains responsables politiques est extrêmement préjudiciable”

« Dès que le ministère public a eu connaissance du contenu du journal, une enquête a été ouverte », il dit. La procédure normale explique le parquet, qui souligne que pour elle “le bon état des choses”l’enquête judiciaire dans cette affaire serait tenue “loin de la scène médiatique”.

Alors que la majorité et l’extrême droite déplorent à l’unisson les mésaventures de LFI, les langues se délient également au sein de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure, dans un entretien à franceinfo, estime que le retrait d’Adrien Quatennens “seule solution possible”. Il juge également ” gênant “ les mots de Jean-Luc Mélenchon. “Moi, ce que je crois, c’est que dans ces moments-là la responsabilité politique, la cause que nous défendons, doit primer sur l’amitié, ce qui est très difficile”il explique.

Dans le même temps, c’est au tour de Julien Bayou des Verts d’être mis en cause, cette fois pour agression psychologique sur un ex-partenaire. Le message du collectif Relève Féministe circule sur les réseaux sociaux : « Bonjour EELV, la cellule VSS [violences sexistes et sexuelles, NDLR] a été saisi en juillet à la suite d’allégations de violences de Julien Bayou contre son ex-petite amie. Comment s’assurer que les militants sont en sécurité ? Aucune mesure ne semble avoir été prise, pourquoi ? »

Après l’affaire Quatennens, des militantes appellent à une “relève féministe” dans les partis politiques

Demandé pour ce post le même soir dans l’émission « C’est à vous » sur France 5, l’écologiste Sandrine Rousseau affirme avoir reçu chez elle une femme qui accuse Julien Bayou de “Les comportements qui peuvent briser la santé morale des femmes”. “Bien sûr il y en a plusieurs, je n’ai entendu qu’un seul témoignage. Il semble y avoir une enquête journalistique en cours.elle continue.

  • Mardi 20 septembre : Julien Bayou prend du recul, LFI assume le “sentir”

Lorsqu’on lui a demandé la veille si elle pensait que Julien Bayou devait prendre du recul, Sandrine Rousseau a répondu : ” C’est juste, pas à pas [“chaque chose en son temps”]. »

Mais si le patron des Verts n’entend pas quitter son poste de secrétaire national d’EELV, il démissionnera plutôt de la coprésidence du groupe écologiste à l’Assemblée. Ce retrait, annoncé lors d’une réunion de groupe à l’Assemblée, en présence des 23 députés écologistes, durera le temps de l’enquête interne.

Retour avec les députés de LFI qui sont convoqués le jour même en conférence de presse à l’Assemblée nationale pour s’expliquer sur la gestion interne des différentes affaires de débauche. “Oui, nous supposons que nous tâtonnons”proclame la députée de Paris Danièle Obono. “On essaie de mettre des mécanismes, ce n’est pas parfait”admet également la députée Clémentine Autain.

Affaires Coquerel, Bouhafs… Pourquoi la commission LFI “violences sexuelles” n’a rien résolu

Et la réaction de Jean-Luc Mélenchon ? “Ce ne sont pas mes mots”répondent notamment Clémentine Autain et Manon Aubry, tandis que la députée Pascale Martin estime dans un communiqué qu’une telle réaction des tribunes pourrait “avoir des conséquences graves” en décourageant les femmes de signaler les actes de violence.

De son côté, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui avait été absent des pourparlers, appelle les partis politiques à “cadre de règles” pour faire face à la violence contre les femmes, en s’appuyant sur la justice pour être ” rapidement “ et “spécialisé”.

  • Mercredi 21 septembre : La gauche reprend son souffle et tente de calmer la situation

Après quatre jours de polémiques interminables autour des deux affaires de violences faites aux femmes et de propos déplacés, LFI change de stratégie : le silence. Une discrétion qui laisse certes la parole aux opposants – comme la ministre de l’Egalité femmes-hommes, Isabelle Rome, qui critique les cellules d’écoute des Nupes qui “étouffe la voix des victimes” mais cela empêche l’entreprise individuelle permanente.

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Sur franceinfo, Olivier Faure vient défendre les Nupes et explique que : “le biais” […], cela signifie que nous croyons aux femmes. Pourtant, le premier secrétaire du PS” ne demande pas la démission d’Adrien Quatennens”en tout cas avant la fin de l’enquête.

  • Jeudi 22 septembre : Mélenchon revient et dérape

Le silence ne dura qu’une courte journée. Interrogé dans la rue par un journaliste de l’émission « du quotidien »Jean-Luc Mélenchon revient sur ses tweets polémiques et la polémique qui en découle. “Je pèse mes mots tout le temps”, dit-il, satisfaisant le journaliste d’une tape paternaliste sur la joue. Ici la machine à polémiques est relancée, LFI une fois de plus dans la tourmente.

  • Vendredi 23 septembre : Manuel Bompard sur les traces de Mélenchon

Les tribunes « insoumises » ne sont clairement pas les seules à être dépassées par la situation et à ne pas comprendre les protestations légitimes que ses propos provoquent. Invité sur le plateau de CNews, le député LFI Manuel Bompard suscite la polémique en estimant que“un coup n’est pas égal à un homme qui bat sa femme tous les jours”.

Violences sexuelles lors de soirées : comment mener une bonne enquête interne ?

“MAIS CE N’EST PAS POSSIBLE !”s’indigne en toutes lettres la militante féministe et conseillère EELV de Paris, Raphaëlle Rémy-Leleu, sur Twitter. «Ce que vous dites depuis une semaine aux camarades “rebelles” est insupportable. Arrêtez de parler de la violence. Quoi qu’il en soit, arrêtez de nous faire du mal. Trouvez le courage d’en parler avec une féministe et tenez compte de votre méconnaissance du sujet, de votre complaisance politique, de la douleur et de la colère que vous générez.les maintient pleins.

Face au tollé, Manuel Bompard publie un très long communiqué en milieu de journée. un . dénoncer “mauvaise argumentation”il assure : « Je n’ai jamais dit ou pensé qu’un coup n’était pas sérieux. C’est un fait grave et inacceptable, et je l’ai rappelé dans mes propos ce matin. » La gauche finira-t-elle par se taire pour éteindre la polémique ? Rien n’est moins sûr.

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Source: nouvelobs.com

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