Le procès du 13 novembre se termine par un verdict conforme aux crimes

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Cette fois, nous devons aller à l’essentiel. Pas de remarques introductives, pas de conclusions solennelles, ni de références à la portée historique du procès. Après 148 jours d’audience, le président de la cour d’assises, Jean-Louis Périès, se plaît à lire le verdict pendant une heure ce mercredi soir 29 juin, d’un ton rapide et d’une voix égale de bout en bout.

Dans la salle comble, le public est suspendu dans ses annonces. Les visages du suspect sont concentrés. On lit l’impatience de connaître le sort qui leur sera réservé. A toutes les questions, « L’accusé est-il coupable ? le tribunal a répondu par l’affirmative, sauf dans un cas. Sans surprise, les sanctions sont très sévères.

Procès du 13 novembre : Le juge a été presque parfait

En premier lieu, pour celui vers qui tous les regards sont tournés depuis neuf mois : Salah Abdeslam. Reconnu “coupable”, il a été condamné à la réclusion à perpétuité. Sa version d’un renoncer se faire exploser, aurait été pris au dernier moment par une éruption de“humanité », a été anéantie par les magistrats. Selon eux, il était bien intégré dans « la cellule terroriste belge Et ce, bien avant la veille des attentats, contrairement à ce qu’il a dit au procès. Selon le tribunal, son gilet explosif n’était pas en règle. Son renoncement volontaire à commettre un attentat n’a donc pas été accepté. Cette condamnation extrêmement rare a été jamais rendu dans un procès pour terrorisme.

Mohamed Abrini, logisticien des attentats du 13 novembre puis “l’homme au chapeau” des attentats de mars 2016 à Bruxelles, a été condamné à la réclusion à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Ou la punition exigée par les procureurs. Le tribunal a jugé qu’il pleinement intégré à la cellule terroriste » : « Il a clairement renoncé à la dernière minute et a quitté le pavillon à minuit (La planque de Bobigny, ndlr) », la veille des attentats.

S’agissant de Mohamed Bakkali, qui avait choisi de garder le silence peu après le début des débats, le tribunal a réduit les prétentions du PNAT. Alors qu’il réclamait la perpétuité, il a été condamné à 30 ans de prison, ce dont le tribunal s’est convaincu” son intérêt passé pour le djihad armé, son adhésion aux positions de l’État islamique † † Il joue un rôle clé dans la préparation des attentats a ajouté le tribunal.

Oussama Krayem et Sofien Ayari ont préparé une attaque en Europe, selon le tribunal. Leur tournée à Schiphol aux Pays-Bas, le 13 novembre 2015, ” était au moins un jalon », a estimé la cour d’assises. Tous deux ont été condamnés à 30 ans de prison.

L’hypothèse d’un appel de Salah Abdeslam

Restent les suspects qui semblaient libres. Eux aussi ont été reconnus coupables. Mais ils ne retournent pas en prison. Bien qu’ils aient été condamnés, leurs peines sont flexibles.

Enfin, la seule surprise concerne Farid Kharkhach, condamné à deux ans de prison alors qu’il est incarcéré depuis près de six ans. « Farid Kharkhach a joué le rôle d’intermédiaire pour la livraison de quatre fausses cartes d’identité. Une seule association de malfaiteurs sera arrêtée contre lui dans le but de commettre une escroquerie. †

Son avocate Fanny Vial ne cache pas son soulagement ni le fait que son client ait pleuré lors du prononcé du verdict : « Il sort ce soir de la maison d’arrêt de Nanterre. Sa femme va le chercher elle respire en quittant la pièce. Après cinq ans et demi de détention provisoire, cinq demandes de libération pendant l’enquête et une de plus pendant l’audience, c’est une décision importante. Il a toujours eu foi en la justice, malgré les refus répétés et atroces. Il avait raison d’être confiant.”

A la fin du verdict, lorsque les deux grandes salles d’audience s’ouvrent pour laisser sortir une dernière fois la foule des partis bourgeois, l’atmosphère est teintée de respect, presque de gravité. Certains partis bourgeois s’embrassent. D’autres pleurent. Certains semblent désorientés. “Le plat est servi, c’est le sentiment que j’ai ce soir, mais c’est un peu tôt pour en dire plus” répond José Munoz, le père de Victor, assassiné le soir du 13 novembre sur la terrasse de La Belle Equipe. « Le procès lui-même a le mérite de réparer, de reconnaître notre statut de victimes, Philippe Dupeyron, président de l’association Treize OnzeQuinze, témoigne. Pour certains d’entre nous, la punition fait aussi partie de la compensation et en ce sens le verdict est satisfaisant. On a entendu les évolutions de Salah Abdeslam et l’humanité qu’il a su exprimer, mais à aucun moment je ne me suis laissé emporter par ces fausses vérités. Le tribunal n’en était pas non plus convaincu.

Bref, seul le cas de Salah Abdeslam continue de susciter des interrogations. « Ce jugement est ferme sur les principes, mais il est marqué par une très forte individualité sur les peines, explique Sylvie Topaloff, avocate des parties civiles. On peut déplorer la condamnation à perpétuité incompressible comme une peine sans espoir, mais surtout parce qu’elle soulève la très forte probabilité d’un appel.

« En même temps… » : ce que disent les psychiatres qui ont évalué Salah Abdeslam

Dans ce cas, son collègue Josserand Schmidt prédit déjà : « Salah Abdeslam sera seul. Il est déjà isolé. Il recevra la peine maximale qui a été demandée. Les autres perçoivent un message de la Cour avec une forte individualité des peines. Pas pour lui. †

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Source: nouvelobs.com

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