Women’s Prison (Episode 1) : Un podcast de notre série “In the Heart of Crime”

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“Au coeur du crime”

Ils sont avocats, magistrats, policiers, gendarmes, experts ou journalistes. Tous sont marqués à jamais par une affaire criminelle. Dans cette série de podcasts, ils racontent. Abonnez-vous à Apple Podcasts ou Google Podcasts.

Directeur de la prison? Ses amis ne comprenaient pas. “Quel intérêt ?”, en ont même laissé tomber quelques-unes quand Marie-Annick Horel, la vingtaine début quatre-vingt, leur a dit qu’elle avait choisi de rejoindre le personnel du Centre pénitentiaire de Rennes, l’un des deux établissements en France qui n’accueillait que des femmes. Sans parler des interminables questions qui illustrent la profonde méconnaissance d’une profession méconnue et discréditée. « De quoi pouvez-vous leur parler ? » †“Tu n’as pas peur qu’ils te tuent ?” †ou alors : « Est-ce qu’ils ont des couteaux à manger ? †

Écoutez notre podcast :

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Podcast – Prison pour femmes Épisode 1

Très vite, Marie-Annick Horel en a eu assez. D’autant plus que ces commentaires ont été doublés “sur fond de nostalgie de la peine de mort” et réflexions sur la ” occasion “ futurs prisonniers “nourri, logé, blanchi”† De Breton a alors cessé d’expliquer, y compris à certains membres de sa famille, qu’un… “Un accident de la vie peut arriver à n’importe qui”, comme elle l’écrit dans son livre « Au cœur de la prison des femmes. Ma vie de compagnon”, paru en mars aux éditions Tallandier.

“Ce métier fait peur”

“La réalité, c’est que ce métier fait peur et qu’on ne le comprend pas”, note aussi celle qui a fini par passer trente-sept ans à la maison d’arrêt pour femmes de Rennes. Surveillante, première surveillante, majeure : Marie-Annick Horel a gravi tous les échelons. Et n’a presque, toutes ces années, échangé qu’au travail avec ses collègues qui ont compris leur quotidien complexe de tensions, de violences, mais aussi d’échanges et d’humanité à nul autre pareil.

Quand tu veux le mettre. Ce que Marie-Annick Horel poursuit chaque jour depuis son premier passage sous l’impressionnant porche de la prison. Et ce, contre les recommandations de ses supérieurs, parent, qui ne partageaient pas sa vision de la profession. “Les superviseurs imposent la règle du silence”écrit Marie-Annick Horel, rappelant ses débuts : « Ils exigent de moi le contraire de ce que je suis. †

Souvenirs d’un gardien : ‘Les femmes en prison sont une population invisible’

Comment tu ? Cela l’irrite. Elle bouillonne. Et à son tour ne comprend pas.

Pourquoi les forçats resteraient-ils inconnus ? Nous vivrons ensemble. Ce qu’ils disent n’est pas anodin. J’ai besoin de savoir. Comment vivent-ils? Comment envisagent-ils leurs années derrière les barreaux ? Que se passe-t-il dans cette prison ? Quelle est leur vie ?

“Aucun préjugé. ça pourrait être vous”

Dans ce rare témoignage, Marie-Annick Horel, 63 ans aujourd’hui, raconte le choc de sa rencontre avec les prisonniers. Ces femmes n’ont rien “échantillons” qu’elle avait imaginé pendant le match. “Quand j’arrive je suis surpris”elle dit. “Je me suis dit : ‘Tu penses mal. Pas de préjugés. Ça pourrait être ta mère, ta grand-mère, ta sœur, ta voisine, ta petite amie… Ou toi. Ça pourrait être toi.” nous raconte-t-elle dans cet épisode de notre podcast “Au coeur du crime”.

Par ” longues phrases qu’elle rencontre, elle nous parle d’Anna, 35 ans, condamnée pour infanticide, qu’elle sauve du suicide in extremis. Mais aussi d’Esther, avec qui elle échange juste avant de mettre fin à ses jours. Et le traumatisme qui, pour elle, représente son passage à l’acte.

Marie-Annick Horel fait également appel à la gestion de certaines détenues plus célèbres que d’autres, comme Monique Olivier, l’ex-femme du tueur en série Michel Fourniret, qui a été incarcérée un temps à Rennes. † Elle nous raconte que les autres détenues l’appellent, l’agressent physiquement, rapporte Marie-Annick dans ce podcast. Nous enquêtons et nous réalisons que les noms qu’elle a mentionnés ne l’ont même pas gêné, alors elle se raconte des histoires. Cela nous fait perdre beaucoup de temps. †

Marie-Annick Horel revient sur les discriminations peu évoquées dont sont victimes les femmes détenues. “Les femmes sont seules, elles sont une population invisible”, elle écrit aussi. « Il suffit de regarder les files d’attente dans les parloirs des prisons pour hommes : elles sont toujours pleinesdit-elle dans ce podcast. Il y a toujours des femmes : épouses, mères, sœurs, famille. Dans un établissement pour femmes, c’est très différent. Il s’éclaircit très rapidement. †

Comment expliquez-vous également l’arrivée tardive des tampons et des serviettes hygiéniques dans les kits d’hygiène qui sont distribués aux détenus à leur arrivée ? Est-ce parce que les femmes représentent un peu plus de 3 % de tous les détenus ? “Malheureusement, la discrimination continue pendant la détention”écrit Marie-Annick Horel, qui note que l’éducation des femmes, par exemple “limité aux ateliers de confection, de cartonnage et de couture, ce qui limite fortement leur réinsertion, alors que ce n’est pas le cas des hommes”.

« De qui ne parle-t-on pas dans les médias ? †

Dans son livre, Marie-Annick Horel décrit aussi les conditions de travail difficiles – un collègue les compare à des pommes dont il ne reste que l’essentiel en fin de carrière -, les problèmes de recrutement et de formation et, plus généralement, le mal-être d’une profession. qui intéresse si peu. La presse notamment. « On entend beaucoup parler de policiers et de gendarmes dans les médias. Mais où se retrouvent les personnes arrêtées par la police une fois passées devant le commissariat, le juge d’instruction et le procureur de la République ? En prison. Qui les reçoit ? Nous. Qui se fait insulter, cracher dessus ? Nous. De qui ne parle-t-on pas dans les médias ? De notre part “elle réprimande au micro de cet épisode.

Celui qui prône “Remettre l’humain au centre” [son] une fonction “ n’a jamais oublié les mots prononcés par son professeur quand elle a commencé. Ce superviseur lui avait conseillé de ne jamais négliger la bonne volonté et l’écoute. C’est elle qui lui a appris à ouvrir et à fermer une porte de prison. C’est elle aussi, quand Marie-Annick Horel songea à abandonner, qui la persuada de persévérer : “Tu dois rester, lui lança-t-elle. Nous avons besoin de gens comme vous. La prison doit évoluer. †

– Ce podcast est édité par Matthieu Aron et réalisé par Julien Bouisset. La musique est de Michael Gautier. Directeur éditorial, Matthieu Aron.

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Source: nouvelobs.com

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