Nice : quand les «Ymagiers» croquent les géants du carnaval

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Les fabricants de char font traditionnellement appel à des artistes illustrateurs pour imaginer les caricatures animées qui paraderont cette année du 15 au 29 février.

 Kristian, dessinateur de presse et grand habitué du carnaval est devant la version en 3D de sa « reine du vintage », caricature d’Elizabeth II.
Kristian, dessinateur de presse et grand habitué du carnaval est devant la version en 3D de sa « reine du vintage », caricature d’Elizabeth II. LP/Mathias Galante

Ils ont le coup de crayon confetti et la gomme polissonne! Souvent dans l’ombre, les « ymagiers » du carnaval de Nice (Alpes-Maritimes) assurent les beaux jours de l’événement programmé du 15 au 29 février. Ces illustrateurs imaginent, sur papier ou ordinateur, les féroces caricatures en fonction du thème imposé. Leur dessin donne le fil, parfois à retordre, aux carnavaliers chargés de l’interpréter, de le rendre réalisable dans la vraie vie et de construire des chars jusqu’à 18 m de hauteur.

Pour cette 136e édition, huit artistes ont été retenus dans le sillage d’Alexis Mossa, l’un des instigateurs du carnaval à la fin du XIXe siècle, de son fils Gustav-Adolf Mossa, entre 1902 et 1971, ou, plus récemment, de Serguei (« le Monde ») et Tignous (« Charlie Hebdo », « Marianne ») en 2000. Cette fois, les ymagiers déchaînés, dont le Nord-Américain Chad Crowe (« The Washington Post », « Times of India »), ont planché sur la mode.

Et au vu des engins en cours de finition, ils l’ont allègrement habillée pour l’hiver. Kristian, dessinateur de presse avec près de 50 chars et 20 carnavals de Nice à son palmarès, est l’un des joyeux coupables. Il l’avoue, l’exercice diffère des publications dans les journaux : « C’est plus long en raison du côté technique du char et de la recherche du message ou du clin d’œil censé être compréhensible par tous les âges. »

L’« ymagier » propose, le carnavalier dispose

Son « XXS Taille mannequin », conçu par France Festivités, dénonce la maigreur excessive imposée aux mannequins à travers la représentation d’un squelette mexicain. « Presque rien n’a changé de mon dessin. La tête comportait plein de détails, je suis heureux de voir qu’ils les ont réalisés en relief, c’est magnifique ! » s’enthousiasme-t-il dans l’atelier. Mais la réalité 3D de ces sculptures en polystyrène, façonnées à l’huile de coude, ne colle pas toujours au croquis original.

Le deuxième char 2020 de Kristian, représentant Elizabeth II en reine du vintage, a ainsi été modifié, d’après Johan Garcia, carnavalier de la société Nice Festivités, également ymagier : « Elle était sur une chaise à porteurs fermée. On a ouvert, sinon on ne la voyait pas de face. » Logique. « Je m’en suis rendu compte en rendant mon dessin », s’en amuse l’auteur. Selon l’artisan, il a aussi fallu adapter les traits du visage de la reine d’Angleterre « pour être plus réaliste, afin qu’on la reconnaisse et qu’elle soit ressemblante pour les photos prises par le public… »

C’est une règle immuable, inscrite dans les tables de la loi du cotillon : l’ymagier propose, le carnavalier dispose. Pas toujours facile. « Les premières années, j’étais tout le temps sur leur dos, reconnaît Kristian. C’était dur pour moi de lâcher prise. Maintenant, on travaille en collaboration. Je délègue, en quelque sorte. » Un lâcher-prise que Johan Garcia relativise en souriant : « Il ne faut pas oublier que ces œuvres seront jetées deux semaines après leur fabrication ! » Eh oui, l’art carnavalesque est éphémère.


SOURCE : https://www.w24news.com/nice-quand-les-ymagiers-croquent-les-geants-du-carnaval/?remotepost=51123

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