Paris: tout est-il bon pour battre Anne Hidalgo ?

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EDITO – Faut-il pour battre Anne Hidalgo, qui a déçu une très grande partie de son électorat, aller jusqu’à construire une alliance entre Rachida Dati et Agnès Buzyn? Les macronistes sont-ils prêts à soutenir l’ex ministre de la Justice? Pas si simple.

Une maire sortante obtenant tout au plus 25% des intentions de vote dans l’ensemble des sondages qui mesurent le premier tour- dans quelques jours- des élections municipales, c’est un bien piètre score. À Paris, Anne Hidalgo ne parvient pas à dépasser ce chiffre. C’est dire si les Parisiens sont déçus de sa mandature, critiques sur sa méthode ultra directive, inquiets de sa fermeture à la réflexion collective et à la contestation. La position de l’élue PS est d’autant plus délicate qu’une partie de son (ex?) électorat porte ce refus apparement déterminée de  » l’intérieur « , revendiqué par des citoyens qui ne se définissent pas comme  » conservateurs  » et qui, dans une large majorité, sont par exemple ultra favorables à réduire, et de façon drastique, la place de la voiture dans la capitale. Mais pas comme cela! Pas à la schlague!

Certes le système dans la capitale est singulier: le maire n’est pas l’élu des Parisiens au suffrage direct et universel; son choix passe par 17 élections d’arrondissements, avec quelques unes d’entre eux- dans le 12ème, le 14ème ou le 15ème- particulièrement déterminantes en raison du nombre important de conseillers municipaux qui en sortent. Mais y compris dans ce contexte particulier, le ré-élection d’Anne Hidalgo apparaît (au moins) difficile. Et sans doute impossible si ses deux principaux adversaires, Rachida Dati (Les Républicains) et Agnès Buzyn (La République en Marche) finissent d’une manière ou d’une autre par s’entendre. S’entendre pour  » faire sortir  » Hidalgo.

Violence et cruauté de la politique, du  » jeu  » des élections…

Il ne fait guère de doute qu’un  » bon  » candidat  » centre gauche  » aurait plié l’affaire car là se trouve le point de gravité politique à Paris. Anne Hidalgo n’occupa pas ce point névralgique et signe ainsi son échec stratégique. Avant même son retrait, Benjamin Griveaux, candidat LREM, avait échoué. Programme flou, mauvaise campagne, impact du  » dissident » Villani, incapacité à contrer l’efficacité en campagne de la « réac » Rachida Dati sur le point en effet de reconstituer autour d’elle une grande partie partie du Paris droitier… L’élimination de Griveaux, puis l’apparition de l’ex-ministre de la santé ont compliqué la tache d’Hidalgo et de Dati, l’une et l’autre satisfaites des contours bien définis d’un duel annoncé. Nouvelle donne donc, trio surprise, et possibilité de nouvelles alliances. Dès lors le cas parisien apparaît plus singulier que jamais.

Paris, ville à part

Paris est en effet la seule  » grande  » ville où Verts et écologistes ne percent guère- ce qui affaiblit considérablement Anne Hidalgo puisqu’elle a un besoin impératif de s’allier avec eux; la seule  » grande  » ville où un bloc politique du  » vieux  » monde- la droite en l’occurence- serait sur le point de se reformer, de se ressouder– ce qui ne manque pas d’être surprenant (ou éclairant) dans une cité censément à la pointe de la modernité;

la seule  » grande  » ville où une partie conséquente des électeurs veulent à tout prix éliminer le maire sortant- alors que les  » sortants  » de tous bords, si l’on en croit les sondages, seront sans doute les grands vainqueurs du scrutin municipal.

D’où l’interrogation qui commence à poindre dans les cénacles des pouvoirs, de la politique et des médias: pour chasser Anne Hidalgo, Agnès Buzyn et Rachida Dati, Rachida Dati et Agnès Buzyn, selon l’ordre d’arrivée au premier tour, n’ont-elles pas l’obligation de s’entendre, de s’allier, de se réunir sous une forme ou sous une autre.

Alliance au sommet? Alliance dans les arrondissements au second tour ? Alliance au conseil municipal pour le fameux  » troisième  » tour, celui où les conseillers élisent le maire?

Le piège serait-il déjà refermé sur Anne Hidalgo?

Possible… Pas certain… Présidentielle 2017-Européennes 2019: Paris s’est révélé le creuset du macronisme avec des pourcentages imposants tant pour le candidat à la présidence que pour la liste Loiseau. Macronisme originelle, celui du  » et droite et gauche « , celui de la  » bienveillance « , celui du  » renouveau démocratique « , celui du  » progressisme  » érigé en vertu et en idéologie. Ces Parisiens  » macronistes  » là, il sera nécessaire de trouver une réthorique diaboliquement intelligente et persuasive pour les convaincre de la nécessité d’une convergence, voire d’un accord en bonne et due forme, avec celle qui incarne grosso modo tout ce qu’il exècre, l’ultra sarkozyste Rachida Dati… Quant à l’hypothèse- crédible- que l’ex-garde des sceaux devance Agnès Buzyn et qu’il faille donc l’aider à accéder au fauteuil de maire, les électeurs macronistes en font par avance des cauchemars.

L’éthique. L’éthique en politique. Comme un juron, une insanité. Or c’est bien une question d’éthique qui bientôt sera posée tant à Rachida Dati qu’à Agnès Buzyn qui, remarquons-le au passage, ne s’étrillent guère l’une l’autre dans ces derniers moments de campagne. Un signe annonciateur?

Mais de quoi ?…


SOURCE: http://bit.ly/2TzBusH

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