Procès de Jacques Rançon : le témoignage de Virginie, dernière victime connue de l’accusé dans la Somme

0
6

Au troisième jour du procès de Jacques Rançon, surnommé le « meurtrier de la gare de Perpignan », la cour d’assises a entendu Virginie, l’une de ses victimes, identifiée en Picardie.

Jacques Rançon a-t-il assassiné Isabelle Mesnage, dont le corps a été retrouvé il y a 35 ans à Cachy, près de Villers-Bretonneux ? En tout cas, il est dans le box du suspect cette semaine à Amiens, soupçonné du meurtre et du viol de cet informaticien de 20 ans.

Jacques Rançon purge déjà une peine d’emprisonnement à perpétuité pour le viol et le meurtre de Mokhtaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalès en 1997 et 1998 à Perpignan. Il a avoué le meurtre d’Isabelle Mesnage avant de prendre sa retraite. Depuis mardi, la cour d’assises pose des questions, débat, conteste les avis d’experts et vérifie le parcours criminel des accusés. Ce jeudi, une autre victime samaritaine de Jacques Rançon a été convoquée à la barre.

Virginie est la dernière victime connue de Jacques Rançon dans la Somme. Il s’agit de la troisième audience depuis le début du procès. Elle avait 23 ans au moment des faits, elle en a aujourd’hui 46. Elle témoigne en visioconférence, mais l’émotion est palpable lorsqu’elle reprend la parole le 22 août 1999.

Ce soir-là, elle se dispute avec son partenaire d’alors et décide de prendre l’air. Elle atterrit sur un banc de la place René Goblet, au centre d’Amiens, pour fumer. Jacques Rançon vient la voir, il lui demande une cigarette, elle la lui donne. Et puis tout s’accélère.

« Il a commencé à m’étrangler »

« Je voulais partir », dit Virginie, « mais j’étais dans l’herbe, sur le dos. _Il a mis ses mains autour de mon cou et il a commencé à m’étrangler__. C’était long et rapide à la fois. je me souviens très bien [elle éclate en sanglots], Je me souviens clairement de l’avoir entendu dis moi que je vais mourir et que je ne reverrai plus jamais les gens que j’aime. »

Virginie évoque alors la perte de connaissance et une phase d’éveil au cours de laquelle Jacques Rançon tente de la hisser dans sa voiture. Elle le supplie, supplie de la laisser partir. Il demande s’il peut lui caresser la poitrine. Soudain, Jacques Rançon s’arrête et lui dit de partir en ces termes : « Va-t’en, va vite. »

La jeune femme repense souvent à cette soirée : « C’est comme si c’était hier. Je fais de mon mieux pour ne pas y penser, mais _ce qui s’est passé restera avec moi._« 

Virginie ajoute : _ « _je suis extrêmement chanceux pour sortir, je me mets à la place de toutes ces victimes et de toutes ces familles de victimes. Aujourd’hui, je voulais témoigner pour eux. »

Un agresseur qui renoue avec ses victimes

Jacques Rançon est condamné à 5 ans de prison pour cet attentat. Depuis son portable, il parvient à retrouver l’adresse de Virginie et lui envoie une carte pour lui souhaiter bonne chance avant la fin de l’année. Six ans plus tôt, au lendemain du viol de Nathalie – autre victime – à Villers-Bretonneux, il l’avait appelée pour lui rendre son portefeuille et lui demander si elle accepterait d’avoir une relation avec lui.

Deux anecdotes qui résument bien la perception qu’a le suspect du monde très particulier. Un psychologue qui l’a examiné estime que : « Jacques Rançon vit sur la même planète que nous, mais on ne respire pas le même air« .

#Procès #Jacques #Rançon #témoignage #Virginie #dernière #victime #connue #laccusé #dans #Somme

QU’EN PENSEZ-VOUS?

[comment]

PUB

Laisser un commentaire, votre avis compte!

[gs-fb-comments] [comment-form]

Laisser un commentaire, votre avis compte!