Trafic de drogue.Les États-Unis arrêtent un ancien ministre mexicain de la Défense

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Salvador Cienfuegos, ministre de la Défense de l’ex-président Peña Nieto, a été interpellé à son arrivée à Los Angeles, sur ordre de l’agence américaine de lutte contre le trafic de drogue.

Le général Salvador Cienfuegos, âgé de 72 ans, le militaire le plus gradé du Mexique, a été arrêté par les autorités fédérales américaines à son arrivée à l’aéroport de Los Angeles, le 15 octobre, “dans le cadre d’une enquête pour trafic de drogue”, rapporte le quotidien mexicain Proceso. Le général venait passer quelques jours en Californie avec ses proches.

Selon les informations obtenues par le journal, la DEA (Drug Enforcement Agency), l’agence américaine de lutte contre les trafics de stupéfiants, enquêtait depuis une dizaine d’années sur “les liens du général à la retraite avec les membres du crime organisé des frères Beltrán Leyva, qui contrôlent le trafic de drogue dans les États de Guerrero et de Morelos”.

Salvador Cienfuegos a été le ministre de la Défense de l’ancien président Enrique Peña Nieto de 2012 à 2018. Il a incarné une politique de “main de fer” et de la lutte armée contre les narcotrafiquants, avec de sinistres bavures sur lesquelles Proceso avait enquêté, notamment l’exécution extrajudiciaire de 22 personnes en 2014 à Tlatlaya, dans l’État de Mexico.

Malgré cela, en 2018, les États-Unis eux-mêmes lui avaient décerné un prix “pour sa contribution à la sécurité stratégique du continent”, rappelle Proceso.

Un rôle ambivalent

Son arrestation dépasse le simple fait divers et secoue le Mexique. “Elle fait partie des mythes qui s’effondrent un beau matin “, explique El País. Le mythe évoqué est celui de la toute-puissance accordée à l’armée pour combattre le trafic de drogue et la violence et des exactions qu’elle engendre de part et d’autre.

Car sous son mandat, affirme le journal, le ministre Salvador Cienfuegos “a contenu la violence et il a aussi fait tout son possible pour occulter les abus des militaires, comme celui du massacre de Tlatlaya ou la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, refusant de collaborer [à l’enquête] bien que ses hommes aient joué un rôle important en tant que témoins.”